Si il y avait une leçon à tirer de notre histoire, ce serait celle-ci :
Regardez vos proches et vos amis, dans les yeux
et dites- leur combien ils comptent pour vous !
Arrêtez de courir après le temps, arrêtez-vous et admirez ce qui vous entourent.. Il y a de si belles choses !
Prenez le temps de vivre tout simplement car on ne sait
jamais de quoi demain sera fait ...

 

Chronique de deux vies
pas comme les autres !

Octobre 89... 9H30. Un brancardier m’emmène le long d’un couloir. Il me conduit vers la salle d’opération, un lieu d’où je ne suis pas sûre de revenir…. Mon prénom est Sylvie, j’ai à l’époque 24 ans..

Jusqu’en 86, je croyais être quelqu’un de privilégiée mais les faits des années qui ont suivi m’ont appris à être réaliste. A tout instant la vie peut basculer.. Ce fût mon cas, la maladie s’installe, on angoisse, on panique, l’avenir devient l’inconnu.

Depuis ma naissance je souffrais d’un syndrome de Kartagénère. (Dilatation des bronches) Cette maladie ne m’a jamais posé de réels problèmes. C’est en 86 qu’ont commencé les soucis.. A l’époque je travaillais en grande surface. Mes déplacements ont commencé à devenir pénibles, j'étais essoufflée au moindre geste.. Une mise sous oxygène 24/24 hrs devient donc nécessaire. Un cap difficile à accepter, se retrouver attachée à un tuyau n’est guère réjouissant..

Quelques mois plus tard vint le moment du verdict : la seule façon pour moi de retrouver une vie normale est la greffe cœur-poumons… A mes yeux le tableau est effrayant !!. Je n’y crois pas, mon entourage est accablé .. Pourquoi moi ? Après l’annonce du diagnostique, les premiers jours ont été difficile. Puis au fil du temps, je me suis dis que je devais me battre, lutter contre la maladie. Il le fallait ! Non seulement pour moi, mais aussi pour mes parents, ma famille, mes amis.. Il fallait à tout prix continuer à espérer. Etre sous oxygène ce n’est pas une vie mais ce n'est pas non plus la mort. Au bout du chemin il y a cette greffe : l’ultime espoir de m’en sortir… Je ne devais surtout pas refuser cette chance qui m’était offerte.

En 87, lors de ma mise sur liste d’attente de transplantation, les greffes cœur-poumons étaient très peu nombreuses. J’étais persuadé que certaines personnes considéraient que ce type d’intervention était vouée à l’échec. Pourtant, je me disais qu’un jour, je leur prouverais que parfois l’impossible devient réel.. C’est ce que l’on appel tout simplement « avoir le moral ». Bien sûr, comme tout le monde j’ai eu des périodes de cafard, de découragement mais très vite je reprenais le dessus car je n’avais pas le choix. La greffe ou la mort, il fallait que je continue à me battre et ne pas m’apitoyer sur mon sort…

L’attente à été longue, deux ans, deux années d’angoisse, d’incertitude et d’espoir. Le plus difficile finalement est d’être appelé pour finalement, ne pas être opéré pour cause d’incompatibilité. Cela m’est arrivé à deux reprises. C’est décevant et douloureux mais en même temps, nous avons le sentiment de ne pas être mis « aux oubliettes ». On prend conscience que l’équipe médicale prend notre cas en considération et cela nous rassure……. Deux années passent, nous sommes en Octobre 89. Le téléphone sonne, il est 5HOO du matin: « Nous avons un greffon pour vous.. Vous venez ? » « OUI »………….

Mars 2003, j’ai aujourd’hui 13 ans de greffe est la vie est incroyablement belle.. Rien n’est oublié, au contraire !. Mon hospitalisation en réanimation a duré 5 semaines, ont suivi 15 jours d’hospitalisation puis un mois de maison de repos… Pour résumer cette période, je dirai tout simplement que j’ai passé quelques moments difficiles mais rien d’insurmontable.. Je suis rentrée chez moi avec une formidable envie de vivre, de rattraper le temps perdu… La reprise d’une activité sportive étant conseillée, je me suis remise au tennis six mois après la greffe… Le mot "VICTOIRE" pouvait enfin être prononcé.

Une autre histoire commence : « Une affaire de coeur ». C’est en effet une histoire semblable à un conte de fées qui aurait sans doute commencé ainsi : « Il était une fois deux êtres qui, ayant vécu à des centaines de kilomètres l’un de l’autre la même "aventure extraordinaire", se recontrèrent et décidèrent de ne plus se quitter. »

M'étant remise au tennis et au tennis de table et l’opportunité de participer aux Jeux Européens des Transplantés Cardiaques et Cardio-pulmonaires me fut offerte. C’est donc à Helsinki en Finlande qu'en Juillet 94, je rencontre Christian. Il est greffé cardiaque. Son parcours est un peu différent du mien. C'est à la suite d’examens médicaux de routine que le médecin diagnostique une malformation cardiaque . Le protocole de mise sur liste d’attente de transplantation se fera très rapidement puisqu’il ne lui restait que quelques jours à vivre …. Il bénéficiera de sa greffe en avril 90. Pour lui aussi le retour à la vie est spectaculaire. Il récupère très rapidement et se remet à son sport favori : la course.

A Helsinki, il retient toute mon attention en remportant le 1500 mètres sans grande difficulté. Originaire de Douarnenez, ce Breton commence déjà à m’impressionner !! Les Jeux Européens terminés nous restons en contact et nous décidons de nous revoir. Tantôt en Bretagne, tantôt dans le Nord d’où je suis originaire… Au fil des mois, au fil de années des liens se crées, l’amour s’installe. Le 30 Juin 2001 nous nous sommes mariés ….

Les greffes sont une avancées médicales spectaculaire. Elles permettent de redonner l’espérance et la vie à ceux dont la déficience d’un organe vital condamnait. Il ne faut surtout pas oublier les donneurs et leurs familles sans qui nous ne serions plus là aujourd’hui. Merci à vous chers inconnus, vous nous avez permis de poursuivre notre chemin et nous ne vous oublierons jamais.

Nous ne connaissons ni vos noms, ni vos visages. Mais nous connaissons votre bon cœur, Merci de nous avoir redonné la vie.

Sylvie et Christian….

 

Si vous désirez lire quelques informations
sur le don d'organes c'est ici

 

 

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